tag:blogger.com,1999:blog-7423640.post-52957451532934963102008-03-11T06:00:00.001+01:002008-11-13T03:19:16.975+01:00Le droit à l'euthanasie : un droit fondamental<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_olffAo09DtI/R9Wmj-QIW9I/AAAAAAAAAQ4/O4OpJjAOntI/s1600-h/chrysantheme.JPG"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_olffAo09DtI/R9Wmj-QIW9I/AAAAAAAAAQ4/O4OpJjAOntI/s320/chrysantheme.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5176226483668540370" border="0" /></a>On rigole bien sur ce blog, mais aujourd'hui on va parler de choses sérieuses. Certains pusillanimes (pas vous, lecteurs habituels) diraient qu'il s'agit de sujets tristes, lugubres ou affreux, mais pas moi. En tous cas, ça change un peu des idioties de la Sécurité sociale esclavagiste, même si ce n'est pas sans rapport avec elle d'un point de vue philosophique.<br /><br />Donc attention : ici article sérieux ! On vous aura averti.<br /><br />J'ai reçu chez moi le numéro de la semaine dernière de Valeurs Actuelles - exemplaire qu'ils m'envoient gracieusement tous les six mois dans l'espoir que je m'abonne, mais rien à faire, malgré la qualité de la revue, ils ont encore des progrès à faire en libertarisme pour que mon porte-monnaie vote pour eux.<br /><br />Il y a dans ce numéro un article intitulé <a href="http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/html/fr/articles.php?article_id=1924">"Suicide assisté, la polémique suisse"</a>. Un sujet pas particulièrement gai que <a href="http://quitter_la_secu.blogspot.com/2007/09/euthanasie-et-illibralisme-ordinaire.html">j'avais évoqué en septembre dernier</a>. On y parle de cette association suisse <a href="http://www.dignitas.ch/">"Dignitas"</a> qui aide au suicide (le suicide assisté est légal en Suisse). L'association a été fondée en 1998 par un avocat zurichois, Ludwig Minelli.<br /><br />Cela soulève beaucoup d'indignation et alimente des polémiques. Les réactions des opposants m'intéressent, car elles témoignent de cette volonté d'imposer ses propres choix aux autres, matrice de l'antilibéralisme et de tous les totalitarismes.<br /><br />Laissons de côté les réactions stupides des voisins de l'association qui ont obtenu son départ de Zürich : ils considéraient la présence de Dignitas près de chez eux comme une nuisance. Ils en avaient marre de voir sortir les cercueils, les pauvres chéris ; ça leur rappelait sans doute trop durement quelle est l'issue irrémédiable de cette "vallée de larmes" comme disent les chrétiens réalistes (pas les benoîts qui croient au πάντα τα καλά). <i>"Memento mori"</i>, disait un sage, <i>"quotidie morior"</i> ajoutait un apôtre.<br /><br />Voyons donc les autres réactions négatives.<br /><br />On accuse l'association de gagner de l'argent sur le dos des morts (argument qui devrait plaire au petit franchouillard moyen qui aime bien l'argent qu'il gagne mais pas celui qui va aux autres quelle qu'en soit la raison). Mais si c'est mal, il faut alors interdire tous les métiers des pompes funèbres. Et interdire l'exercice de la médecine, qui conduit à gagner de l'argent sur le dos des malades. Et l'enseignement, qui exploite l'ignorance, etc.<br /><br />"Il n'y a qu'un pas entre aider à mourir par pitié et aider à mourir pour des raisons économiques" dit un député médecin suisse qui doit être plus député que médecin (d'ailleurs ce maniaque veut interdire de fumer au volant - une telle interdiction <a href="http://www.leblogueduql.org/2008/03/la-fin-de-la-ci.html">existe déjà au Canada</a>). On pourrait lui rétorquer que pour un médecin il n'y a qu'un pas entre soigner un malade par compassion et le soigner parce que ça rapporte de l'argent. Bien malin qui peut trouver la frontière. En éthique libertarienne, une action doit être jugée légitime en elle-même, selon sa nature, pas selon l'intention de l'acteur (peut-être impossible à connaître).<br /><br />Un "philosophe", "spécialiste d'éthique", déclare que "suicider quelqu'un, c'est commettre un meurtre". Or l'association Dignitas ne "suicide pas", elle assiste ; c'est l'intéressé qui va tout seul jusqu'au bout de sa décision.<br /><br />Vraiment, la légèreté, si ce n'est l'imbécilité, des objections soulevées par les moralisateurs bien-portants est insoutenable face à la gravité du problème et à la souffrance réelle des personnes.<br /><br />C'est l'occasion pour moi de revenir obstinément sur les principes libertariens : toute action qui n'agresse pas autrui est légitime, et toute personne qui s'y oppose par la force est esclavagiste. En termes libertariens pédants : la propriété de soi-même légitimant toute action qui ne nuit pas à autrui ni à sa propriété, la protection de l'exercice de l’autonomie prend le pas sur toute autre considération, y compris la protection de la possession continue de l’autonomie morale. Le suicide, assisté ou non, est donc légitime.<br /><br />Voyez un peu ce qu'en dit dans l'article de V.A. ce philosophe, spécialiste des tiques (il se pique en tous cas de l'être) : "se suicider est une liberté à la fois sauvage et autodestructrice qui ne dépend d'aucun droit". Une "liberté sauvage", qu'est-ce que c'est ? De quel droit ce monsieur porte-t-il un tel jugement ? Ne serait-ce pas lui, le sauvage, qui veut empêcher les gens d'agir comme ils l'entendent ?<br /><br />Le <b>consentement</b> est bien sûr la pierre de touche pour juger de la validité d'un comportement.<br /><br />Concernant le candidat au suicide, il est évident que son consentement doit être acquis, vérifié, authentifié de toutes les manières possibles. Dignitas écarte d'ailleurs les simples dépressifs et aide principalement ceux qui sont atteints de maladies incurables ou qui souffrent physiquement atrocement.<br /><br />Une fois le consentement établi, on ne peut condamner ni celui qui agit, ni ceux qui l'aident dans sa détermination.<br /><br />Dignitas retourne contre ceux qui l'emploient d'ordinaire abusivement le vieil argument très discutable, d'origine kantienne, de la "dignité humaine", qui est souvent le prétexte du paternalisme étatique. Vous savez, cette "dignité humaine" qui interdit le lancer de nains, la prostitution, la notation des profs par les élèves, la pornographie, le sadomasochisme, la consommation de drogue, et bientôt de tabac et d'alcool... On peut tirer tout ce qu'on veut de la "dignité humaine", y compris la solidarité obligatoire et la Sécurité sociale vampirisante.<br /><br />Pierre Manent, libéral mou, a publié récemment un <a href="http://www.amazon.fr/familier-philosophie-politique-Pierre-Manent/dp/2070767280/">"Cours familier de philosophie politique"</a> chez Gallimard. Dans l'avant-dernier chapitre, "l'empire de la morale", il distingue deux types de morales universelles (après avoir écarté la charité, idée qu'il juge trop chrétienne et pas assez universaliste) : la morale de la pitié, et la morale de la dignité, qu'il semble préférer. L'avantage (ou l'inconvénient) de cette dernière est qu'on peut l'accommoder à toutes les sauces. Pourtant Manent cite la définition bien connue de Kant : <i>"L'humanité elle-même est une dignité ; car l'homme ne peut être utilisé par aucun homme simplement comme moyen, mais il faut toujours qu'il le soit en même temps comme une fin, et c'est en cela précisément que consiste sa dignité"</i>. Cela rejoint de mon point de vue le principe de non agression libertarien : le consentement de l'autre (verbal ou contractuel) m'assure que je ne le traite pas comme un moyen, que je respecte sa dignité. C'est l'inverse du collectivisme, qui ne reconnaît aucune dignité à l'individu.<br /><br />Le sujet de l'euthanasie volontaire fait souvent l'actualité. Après l'affaire Vincent Humbert, vous avez entendu parler de cette malade défigurée, Chantal Sébire, qui demande le droit de mourir. Dans son dernier livre, <a href="http://www.amazon.fr/divorce-fran%C3%A7ais-peuple-contre-%C3%A9lites/dp/221363632X">Le divorce français : Le peuple contre les élites</a>, François de Closets consacre un gros chapitre à cet état français qui empêche les gens de vivre et aussi de mourir.<br /><br />Si l'Etat commençait à s'occuper de son vrai "corps de métier", faute de mieux, avant de promouvoir une morale hasardeuse, on verrait dans ce pays autre chose que des loques assistées. Mais il ne veut pas nous lâcher, jusque dans la mort !<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7423640-5295745153293496310?l=quitter_la_secu.blogspot.com'/></div>Laure Alliberthttp://www.blogger.com/profile/08400821030300007126laure_allibert@hotmail.com8